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LETTRE AUX CANDIDAT.E.S

Pour en finir avec l’insécurité et économiser 100 milliards d’euros par an



Madame la future Présidente, Monsieur le futur Président,



La sécurité intérieure est depuis plusieurs décennies un sujet incontournable des campagnes présidentielles et occupe une place importante dans les politiques gouvernementales. La garantie pour tous les citoyens et citoyennes de vivre en sécurité est, à juste titre, une priorité.


Or, la première cause de la délinquance et de la criminalité n’est jamais évoquée, n’est jamais visée.


Les statistiques à ce sujet sont claires et pourtant inexploitées : le premier critère qui définit le profil des auteurs est le sexe, et dans l’immense majorité des cas, le sexe masculin. Dans tous les milieux sociaux, à tous les âges, niveaux d’éducation ou origines, ce sont presque toujours les hommes qui sont à l’origine de l’insécurité.


Les chiffres officiels sont sans appel : les hommes représentent 83% des mis en cause par la Justice, 90% des personnes condamnées par la Justice et 96% de la population carcérale. Ils sont également surreprésentés dans tous les types d’infractions, et notamment les plus graves : 86% des auteurs d’homicides, 99% des auteurs de viols, 95% des auteurs de vols avec arme, 97% des auteurs d’agressions sexuelles, etc.


Les origines de cette surreprésentation masculine peuvent être et doivent être déconstruites en agissant sur l’éducation des hommes : notamment l'éducation à la virilité.


En effet, les causes sont clairement identifiées par les sciences de la nature et les sciences sociales : elles ne sont pas le fruit d’une « nature masculine » qui pousserait les hommes à avoir des comportements violents, à prendre des risques ou à ne pas respecter les règles, mais sont bien le résultat de schémas éducatifs incitant les hommes à la domination par la force morale et physique.


Pour réduire drastiquement la délinquance et la criminalité, il faut donc agir en amont en changeant l’éducation et les valeurs transmises, notamment aux garçons. La loi du plus fort ne doit plus être la norme.


Il y a urgence à traiter le problème par la racine car chaque année, la délinquance et la criminalité ont un coût financier et humain absolument colossal. Selon mon estimation, exposée dans mon ouvrage Le coût de la virilité, ce que le France économiserait si les hommes se comportaient comme les femmes, publié aux éditions Anne Carrière, près de 100 milliards d’euros, au minimum, sont ainsi perdus chaque année en frais de justice, force de l’ordre, service de santé, perte de productivité, souffrance des victimes, etc.


Dans cette période de crise, où les finances de l’Etat sont plus que jamais au cœur des préoccupations du pays, promouvoir une éducation humaniste à grande échelle auprès des garçons et des enfants en général, aurait un impact significatif sur la richesse nationale sans  céder à une politique de l'austérité et permettrait enfin de faire baisser drastiquement la délinquance et la criminalité. 


Dans cette perspective, je vous prie de bien vouloir trouver ci-dessous 12 propositions très concrètes pour agir dès aujourd’hui sur les sphères culturelle, publique et familiale.


Cher·e·s candidat·e·s, maintenant que les causes et les conséquences humaines et financières de la délinquance et de la criminalité sont clairement identifiées et exposées, il est indispensable de mettre en place une politique volontariste sur le sujet. A la fois pour produire des études sur cette question à partir des données ventilées par sexe, mais également pour sensibiliser toutes les personnes et milieux jouant un rôle dans l’éducation des enfants : les familles, les établissements scolaires, le monde de la culture, etc.


Il s’agit d’un projet civilisationnel ambitieux pouvant véritablement transformer l’avenir de notre pays. Citoyennes et citoyens, nous comptons sur vous. 


Lucile Peytavin,

Essayiste, historienne et co-fondatrice de Genre et statistiques.

 

NOS PROPOSITIONS

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N°1

Les statistiques et études produites par les services de l’Etat doivent systématiquement faire figurer le sexe des auteurs, qui est la première caractéristique définissant le profil des délinquants et des criminels. Les politiques de prévention doivent s'appuyer sur des travaux prenant en compte le gouffre statistique entre les femmes et les hommes. Les recherches sociologiques (mobilisées par les services de l’Etat), portant sur les origines, doivent en premier lieu travailler sur ce critère qui prédomine sur tous les autres (milieu social, origines, relations familiales, etc.)